Au cœur de communautés prospères : Le Farginen

Farginen est un concept yiddish (une langue germanique parlée traditionnellement par des communautés juives de l’Europe de l’est et du centre). À l’origine, le concept voulait dire « se réjouir pour quelqu’un d’autre », « partager la joie de quelqu’un d’autre » ou « souhaiter le meilleur à quelqu’un d’autre ». Le farginen reste une valeur fondamentale de la communauté juive et elle est souvent encouragée dès les très jeunes âges. Cette valeur « contraint » les membres de la communauté à se soutenir et s’encourager et à célébrer la réussite des autres. Concrètement, le Farginen s’exprime en participant à des célébrations et en partageant des moments de joie, en offrant des cadeaux ou des gestes de générosité, en apportant de l’aide et du soutien lors des moments difficiles, en exprimant des encouragements et des souhaits de réussite aux autres.

Il est ancré dans la conviction selon laquelle la valeur d’une personne dans la communauté est fonction de sa contribution à la communauté. La valeur d’un individu n’est pas de ce fait mesurée en fonction de ce qu’il a pu accumuler en extrayant à la communauté, mais plutôt en évaluant comment sa vie a contribué à enrichir celle de toute la communauté. Surprenant que les Juifs soient la communauté la plus prospère au monde ?

La valeur d’une personne dans la communauté est fonction de sa contribution à la communauté.

Comment Farginen se pratique-t-il ?

Tout d’abord, la communauté reconnaît ceux qui peuvent apporter de la valeur à l’ensemble de la communauté. Elle les protège et les encadre et les célèbre. Ces talents sont repérés et encouragés malgré les imperfections, les lacunes et les erreurs. Mieux, dans la communauté, ont leur donne le droit même de commettre des erreurs, de croitre et de murir, parce qu’ils doivent plus tard enrichir la vie de toute la communauté.

Ensuite, les membres de la communauté exercent de la « générosité gracieuse », c’est-à-dire quand un membre de celle-ci commence quelque chose, même s’il n’est pas le meilleur dans le voisinage et même si en dehors de la communauté se trouvent des individus qui sont de loin meilleurs, offrant des meilleurs produits à de meilleurs prix, les membres de la communauté vont délibérément aller acheter chez le membre de la communauté même s’il n’a pas le meilleur produit et même s’il est relativement plus cher. Ils donnent ainsi la chance aux membres de la communauté d’évoluer.

L’esprit de Farginen est de ce fait un engagement intentionnel et délibéré à soutenir non seulement ceux qui sont dans leur début, mais tous les autres membres de la communauté afin de leur permettre d’ajouter de la valeur et d’enrichir la communauté.

Nous sommes, nous Africains en général, connu pour notre sens de communauté, mais honnêtement, sommes-nous vraiment communautaires ? Est-ce que nous permettons aux autres d’ajouter de la valeur à nos communautés ?

N’est-il pas décevant et décourageant de voir combien nous sommes assez souvent dure et exigeant envers les nôtres et moins exigeant quand il s’agit de tout ce qui vient de l’extérieur ?

Comment expliquer le sentiment de fierté que nous éprouvons en détenant les marques étrangères contre le sentiment de mépris et d’embarras quand il s’agit des marques locales ? Le Farginen dit, nous serons fiers de membres de notre communauté, même s’ils ne sont pas les meilleurs. Nous allons avec joie consommer les produits locaux, même si nous pouvons trouver mieux ailleurs. C’est un choix délibéré pour donner la chance aux membres de la communauté d’être utiles à la communauté. Parce que notre communauté mérite que chaque membre lui apporte ce qu’il a de meilleur.

La valeur n’est qu’une question de perception. Nous pouvons la créer en étant attentifs aux talents et à la créativité des membres de notre communauté.

Quand je parle de la communauté, je parle d’une réalité qui transcende la tribu ou/et l’ethnie, j’ai en tête quelque chose de plus glorieux, plus magnifique : une communauté des gens avec qui vous partagez les mêmes valeurs, les mêmes aspirations et la même douleur d’enfantement : le désir de voir naitre un Congo plus beau.

Il me semble qu’il n’est pas tard pour apprendre des expériences des autres. Nous pouvons nous montrer plein d’intentions dans le choix de ce que nous consommons en favorisant les nôtres d’abord et permettre ainsi d’enrichir la vie de nos communautés.

Auteur: Consolateur Jean

1 réflexion sur “Au cœur de communautés prospères : Le Farginen”

  1. un concept intéressant tant dans sa théorie que dans pratique… mais j’aimerais en apprendre plus sur le Farginen, en sachant le pourquoi du concept grâce à cet article, j’aimerais aussi savoir le “comment”, comment ça marche, comment ça se fait, comment ça s’organise etc… Merci.

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